
Médiatrice culturelle au musée Granet à Aix-en-Provence, Patricia Souiller développe depuis près de dix ans des dispositifs pour rendre l’art accessible aux personnes en situation de handicap. Entre adaptation, écoute et émotion, elle défend une médiation profondément humaine.
Assise dans un bureau du musée Granet, Patricia Souiller parle avec calme et assurance de son métier. Formée en histoire et en histoire de l’art, passée par l’École du Louvre, elle débute comme enseignante avant de faire un choix décisif : quitter le secondaire pour se tourner vers la médiation culturelle. « J’aimais enseigner, mais je voulais transmettre autrement », explique-t-elle.
Une médiation sur mesure
Au musée Granet, elle se spécialise dans l’accueil des publics en situation de handicap. Handicap visuel, moteur, cognitif ou psychique : ici, pas de formule toute faite. « Avec le handicap, tout est du sur-mesure. On doit rencontrer les publics et s’adapter à leurs besoins », insiste-t-elle. Certaines visites peuvent durer jusqu’à deux heures, afin de respecter le rythme de chacun.
Pour les visiteurs malvoyants ou aveugles, la médiation passe par le sensoriel : descriptions précises, gestes, dispositifs tactiles. Une approche qui donne parfois lieu à des moments forts. Elle se souvient d’un jeune homme aveugle découvrant une sculpture sans en connaître le sujet : « Il a parcouru les courbes du corps avec ses mains… et je l’ai vu rougir. Il avait compris tout seul. »
Un engagement qui dépasse la culture
Au-delà des visites, Patricia Souiller participe à la création de supports accessibles et au développement du label Tourisme et Handicap. Mais pour elle, l’essentiel est ailleurs. « Ces visiteurs viennent surtout passer un bon moment, sortir de la maladie ou de la souffrance », confie-t-elle.
Avec les années, une conviction s’est imposée : « Je suis persuadée que l’art soigne. Il aide à vivre. »
Maxence Plancher