À 39 ans, mère d’une petite fille de 3 ans, Stella Mazères raconte comment son envie d’entreprendre, l’a poussée à ouvrir il y a bientôt neuf ans, sa boutique féminine, rue Matheron, dans le centre ville d’Aix-en-Provence.

Est-ce que le fait d’être une femme a influencé votre parcours entrepreneurial ?

« Quand je me suis lancée, j’ai trouvé qu’il y avait des aides qui étaient vraiment dédiées aux femmes, ça m’a plutôt servi. Par exemple, j’ai pu garantir mon prêt grâce à une aide d’Etat qui était accordée aux femmes. Donc il y a des choses quand même qui existent pour ça. J’ai des banquiers qui m’ont regardé un peu de haut. J’étais jeune, je n’avais pas 30 ans, et une femme qui se lance, surtout il y a 10 ans, ce n’est pas forcément accepté. Mine de rien, je pense que les choses ont quand même évolué depuis. J’ai de temps en temps des gens qui viennent me démarcher et qui demandent à voir le patron. Non, c’est la patronne. »

Comment s’est déroulée la mise en place de votre projet avant l’ouverture en 2017 ?

« J’ai mis un an à peu près. J’ai pu avoir une rupture conventionnelle avec mon employeur. Ça m’a permis de toucher le chômage pendant deux ans et donc de prendre un peu mon temps. Au début, j’étais à Paris donc je sourçais, et faisais les salons. J’essayais de rencontrer d’autres entrepreneurs, d’autres boutiques pour avoir des conseils. Je n’y connaissais rien. Il fallait que j’apprenne. Je me suis formée à la CCI, pour savoir comment monter un business plan. J’ai fait ça de février à septembre. En septembre, j’ai commencé à faire les aller-retour ici pour chercher le local. Mais c’est une fois que le local a été trouvé que tout est arrivé d’un coup. »

Quelles sont les difficultés qui vous ont le plus marqué quand vous avez monté « Nouvel arrondissement » ?

« C’est le local et les loyers. J’ai de la chance parce que j’ai pu acheter, il y a bientôt quatre ans. J’aurais aimé être dans une rue plus passante, en tout cas au début. Maintenant, je suis très bien ici et je n’ai pas envie de changer. Mais c’est impossible, pour des structures comme la mienne, de s’installer rue Espariat. Les loyers y sont hors de prix. Le droit au bail, c’est pareil. Ce sont vraiment des investissements inaccessibles. Je ne m’attendais pas à des montants de loyer aussi élevés. Et je pense d’ailleurs que ce qui cause les fermetures des commerces, ce sont les prix des loyers. »

Pour quelles raisons avez-vous choisi cette localisation ?

« Commercialement parlant c’était évident. Même si j’ai pu hésiter peut-être un quart de seconde, en me demandant si je prenais le risque d’aller dans le quartier Mazarin. Même là, je me suis dit que ce n’était pas le bon endroit, que c’était trop risqué. Encore ici, c’est central, mais quand je suis arrivée, il y avait des travaux au palais de justice. C’était donc déjà un endroit qui était un peu plus difficile d’accès. Lorsque je me suis formée, on m’a dit :  » Dans le choix du local, il y a trois critères : L’emplacement, l’emplacement, l’emplacement. ». »

Quels conseils donneriez-vous à une femme qui voudrait se lancer dans l’entrepreneuriat ?

« D’y aller, il faut foncer. Mais il faut réfléchir et mûrir le projet. Il ne faut pas faire les choses tête baissée. Il faut prendre son temps. Mais il faut y oser. »

Blanche Dubois-Faillie