Entre danse contemporaine et opéra, le Festival de Marseille et le Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence développent depuis plusieurs années des dispositifs pour rendre leurs spectacles accessibles aux personnes en situation de handicap. Deux approches différentes, mais un objectif commun : faire tomber les barrières.

Et si la culture n’était plus une affaire de normes, mais d’ouverture ? À première vue, tout oppose le Festival de Marseille et le Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence. D’un côté, une programmation contemporaine, ouverte sur l’espace public. De l’autre, l’exigence codifiée de l’opéra. Pourtant, sur un point essentiel, les deux événements avancent dans la même direction : rendre la culture accessible à tous.

Marseille, une progression constante

À Marseille, la question de l’accessibilité s’inscrit dans une transformation progressive. Depuis une quinzaine d’années, les équipes multiplient les dispositifs pour accueillir des publics en situation de handicap. Boucles magnétiques pour les personnes malentendantes, audiodescription en direct sur plusieurs spectacles, interprétation en langue des signes. Le festival mise aussi sur la pratique artistique, avec des ateliers inclusifs mêlant publics valides et en situation de handicap.

Aix-en-Provence, approche ciblée mais structurée 

À Aix-en-Provence, l’approche est plus ciblée. Le Festival d’art lyrique s’appuie sur des dispositifs précis comme l’audio-description ou des systèmes d’amplification sonore. Deux soirées d’opéra par édition sont adaptées pour les personnes aveugles et malvoyantes, avec un accompagnement immersif, les spectateurs peuvent même monter sur scène pour toucher décors et costumes. 

Mais à Aix comme à Marseille, les limites existent. À Marseille, certains lieux patrimoniaux restent difficilement accessibles. À Aix, le nombre de places adaptées reste réduit. Dans les deux cas, la question du financement est centrale : 32 euros pour Aix-en-Provence et 1 euros pour Marseille. D’un côté le mécénat de l’autre la ville de Marseille. 

Alors, qui va plus loin ? Difficile de trancher. Marseille mise sur une transformation globale et inclusive, qui touche autant la scène que le public. Aix privilégie une expérience approfondie, mais concentrée sur un nombre limité de bénéficiaires.

Bettina Jouan et Léa Bidet