Face aux signalements d’actes discriminatoires sur ses campus, Aix-Marseille Université renforce son engagement contre le racisme et les discriminations. Un nouveau partenariat avec SOS Racisme a été officialisé le 4 mars 2026.
La haine n’a pas sa place en amphi. À AMU, plusieurs signalements d’actes de discriminations dans différentes facultés ont conduit l’établissement à renforcer ses actions. « L’année dernière, on a accompagné des étudiantes victimes de racisme et, de là, une réflexion est née sur comment mieux accompagner les victimes et faire de la prévention dans l’enseignement supérieur », explique Clara Diamant-Berger, chargée de développement en région pour SOS Racisme. C’est dans ce contexte que les échanges entre l’université et l’association ont débuté en mai 2025. L’objectif était clair : trouver de nouveaux moyens pour prévenir ces comportements et mieux accompagner les étudiants qui en sont victimes ou témoins.
Ces discussions ont progressivement abouti à la mise en place d’un partenariat entre la faculté et l’association, le 4 mars 2026. SOS Racisme, connue pour son engagement contre les discriminations et pour l’égalité des droits, apporte son expérience et ses outils de sensibilisation.
« L’université est un terrain important, parce que les étudiants sont les futurs acteurs de la société », souligne la chargée de développement. Pour Aix-Marseille, cette collaboration doit permettre de développer des actions concrètes auprès des étudiants.
Ce partenariat s’inscrit aussi dans une dynamique déjà engagée par l’université. Fin 2025, AMU avait signé un accord similaire avec la LICRA. SOS Racisme, qui dispose d’une trentaine de comités locaux en France, s’appuie notamment sur l’éducation populaire, les interventions en milieux scolaire et universitaire, ainsi qu’un important pôle juridique traitant quotidiennement des signalements.
Une mobilisation renforcée face à un climat préoccupant
Depuis plusieurs années, AMU multiplie les dispositifs de signalement et les campagnes de prévention. « On observe une banalisation de la parole raciste et un retour des violences et des crimes racistes », alerte la chargée de développement. La direction insiste sur la nécessité de faire du campus un espace sûr pour tous les étudiants.
Le président d’AMU, Eric Berton, a souligné l’importance de cette démarche. Selon lui, il ne s’agit pas seulement de condamner les actes discriminatoires, mais aussi de mieux accompagner celles et ceux qui y sont confrontés. En associant les compétences d’une association militante et celles de l’institution universitaire, l’objectif est de créer un cadre plus protecteur et plus réactif face aux situations de discrimination.
Reste cependant une question essentielle : ces dispositifs seront-ils suffisants pour faire reculer les actes discriminants sur les campus ? Clara Diamant-Berger est formelle : les actions issues de ce partenariat contribueront à lutter activement contre les discriminations.
Naïs Delon